L’administration Biden se prépare à ce que la guerre en Ukraine se transforme en un conflit gelé similaire à la situation dans la péninsule coréenne, a rapporté jeudi le site d’information Politico.
Un conflit est gelé lorsqu’il y a une cessation des combats sans qu’aucun traité de paix ne soit signé par les belligérants, créant un environnement d’insécurité et d’instabilité. Les hostilités peuvent recommencer à tout moment. Comme c’est le cas en Corée.
Et il faut le souligner, un «conflit gelé» qui impliquerait que l’OTAN continue d’armer Kyïv ne serait pas acceptable pour Moscou.
Il se pourrait bien, à mon avis, que cela ait été discuté lors de la réunion du G7 à Hiroshima, à laquelle participait le président ukrainien Zelensky. Reste à trouver où tracer les lignes de cessez-le-feu acceptables par les deux belligérants. Tout un défi.
Gel du conflit: pas question pour Kyïv
L’Ukraine est définitivement opposée à toute proposition qui impliquerait la perte de ses territoires ou le gel du conflit. C’est ce que les Ukrainiens ont dit à l’envoyé spécial chinois Li Hui, qui a rencontré le président Zelensky il y a quelques jours pour discuter de la possibilité de pourparlers de paix.
Kyïv veut que la Russie se retire de tous les territoires ukrainiens qu’elle a capturés depuis le lancement de l’invasion l’année dernière et aussi de la Crimée. De son côté, Poutine veut que tout accord de paix reconnaisse les territoires ukrainiens qu’il a annexés comme russes.
D’ailleurs les analystes du Pentagone ne s’attendent pas à ce que l’Ukraine regagne ses territoires perdus dans sa contre-offensive imminente, selon Politico.
Les États-Unis sont quand même déterminés à soutenir Kyïv à long terme, comme l’indique la décision d’autoriser leurs alliés à fournir à l’Ukraine des avions F-16 de fabrication américaine.
Les membres de l’OTAN veulent que l’Ukraine vive en osmose avec l’organisation sans en devenir membre à part entière. L’OTAN veillerait à ce que les armes de l’Ukraine soient compatibles avec celles de l’alliance, et ses armées mèneraient des manœuvres militaires conjointes avec les troupes ukrainiennes.
Les plans secrets de l’OTAN
Et pour la première fois depuis la guerre froide et l’effondrement de l’Union soviétique, l’OTAN élabore des plans pour mener une guerre contre la Russie.
L’agence Reuters rapporte que lors du prochain sommet de l’OTAN à Vilnius en Lituanie en juillet, les dirigeants de l’alliance vont approuver des plans militaires secrets qui détailleront comment répondre à une attaque russe.
Ils seront complètement différents de ceux élaborés pendant la guerre froide. Depuis, la dissolution de l’Union soviétique et du Pacte de Varsovie, l’OTAN est passée de 16 à 31 membres.
L’alliance s’apprête à renforcer sa présence sur son flanc oriental, une décision que les Russes considèrent comme menaçante. L’OTAN y a récemment acquis un avantage géostratégique important. Son plus récent membre, la Finlande, partage une frontière de 1300 km avec la Russie, ce qui complique la défense de son territoire.
Dans ce nouvel environnement, on voit mal comment les Russes dans leurs plans opérationnels pourraient ne pas envisager le recours à des armes nucléaires tactiques. Ils menacent déjà régulièrement de le faire dans le conflit actuel.
Journal de Montréal