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La situation des chrétiens en Iran reste extrêmement difficile et s’est fortement aggravée en 2025-2026, marquée par une répression accrue, des arrestations massives et une instrumentalisation politique dans le contexte des crises internes et de l’escalade militaire avec Israël et les États-Unis. Les chrétiens en Iran sont estimés à environ 800 000 personnes, soit moins de 1 % de la population totale (90 millions d’habitants). Ils se divisent en deux grandes catégories : d’une part, les communautés historiques reconnues officiellement (Arméniens, Assyriens, Chaldéens), qui bénéficient d’une tolérance relative, de sièges réservés au Parlement et de quelques églises officielles, mais qui subissent une surveillance étroite, des discriminations dans l’emploi, l’éducation, l’accès aux postes publics et des restrictions sur l’usage du persan dans les cultes ; d’autre part, les convertis de l’islam (principalement évangéliques ou protestants), qui constituent la partie la plus dynamique et la plus persécutée de l’Église iranienne.
 
Ces convertis, souvent issus de l’islam chiite, vivent majoritairement dans la clandestinité au sein d’églises de maison, car l’apostasie reste un crime grave en droit iranien, théoriquement punissable de mort (bien que cette peine soit rarement appliquée formellement depuis les années 1990). L’Iran figure toujours dans le top 10 du classement mondial de la persécution des chrétiens (World Watch List 2026 d’Open Doors, position 10 avec un score autour de 87/100). La persécution repose sur deux piliers : l’oppression islamique d’État, qui considère toute conversion hors de l’islam comme une trahison, et la paranoïa du régime, qui voit dans les convertis et les églises évangéliques une menace « occidentale », « sioniste » ou un vecteur de déstabilisation interne. En 2025, les autorités ont procédé à au moins 254 arrestations de chrétiens pour motifs religieux – presque le double par rapport à 2024 –, avec des peines cumulées dépassant 280 années de prison, des sentences d’exil intérieur, des travaux forcés, des amendes très élevées et des accusations récurrentes de « menace à la sécurité nationale », « espionnage », « moharebeh » (guerre contre Dieu) ou collaboration avec Israël et les États-Unis.La situation s’est brutalement détériorée depuis la guerre de douze jours avec Israël en juin 2025, puis surtout depuis les frappes américano-israéliennes massives lancées fin février 2026 (opération Epic Fury), qui ont visé des sites nucléaires, militaires, énergétiques et le leadership iranien (y compris la mort confirmée du Guide suprême Ali Khamenei dans plusieurs rapports). Dans ce climat de guerre et de crise interne, les convertis chrétiens sont systématiquement désignés comme « boucs émissaires » : accusés de sympathies pro-occidentales ou pro-israéliennes, qualifiés de « mercenaires du Mossad » ou d’« agents sionistes ».
 
Depuis février 2026, au moins 50 à 53 arrestations supplémentaires ont été documentées en un seul mois, accompagnées de raids sur les églises de maison, d’interdictions de réunions, de mauvais traitements en détention et d’une pression accrue sur les familles.Les communautés historiques, bien que moins directement visées, vivent dans la peur collatérale : bombardements, chaos économique, restrictions de déplacement et surveillance renforcée. La diaspora chrétienne iranienne (en Europe, aux États-Unis et ailleurs) se mobilise activement pour alerter l’opinion internationale, prier et soutenir financièrement les familles affectées, tout en exprimant un mélange d’angoisse pour les proches restés sur place et d’espoir qu’un affaiblissement ou une chute du régime pourrait ouvrir une ère de liberté religieuse inédite.Malgré cette répression intense, l’Église souterraine iranienne reste étonnamment résiliente : de nombreuses conversions continuent via des rêves, des médias chrétiens par satellite, internet clandestin ou le bouche-à-oreille. Des ONG comme Open Doors, Article 18, CSW et Middle East Concern documentent une escalade systématique et appellent à la prière mondiale, au plaidoyer diplomatique pour la liberté religieuse et au soutien humanitaire. En résumé, les chrétiens en Iran vivent aujourd’hui dans une peur constante – tolérance surveillée pour les minorités historiques, persécution ouverte pour les convertis –, aggravée par la guerre en cours et la répression interne. Leur foi demeure néanmoins ancrée dans une espérance profonde d’un avenir meilleur.
 
Info Média Christ

 

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