Onze personnes ont été tuées dont le général Mohammad Reza Zahedi, commandant de la Force Al-Qods iranienne pour la Syrie et le Liban. Israël n’a pas revendiqué cette attaque sans précédent sur un bâtiment diplomatique iranien en Syrie.

Des frappes attribuées à Israël ont touché, lundi 1er avril, un quartier huppé de Damas, qui abrite également des ambassades et des bâtiments des Nations unies, détruisant le consulat iranien en Syrie, et tuant onze personnes.

« L’ennemi israélien a lancé des frappes aériennes depuis le Golan syrien occupé, visant le consulat iranien à Damas », a affirmé le ministère de la défense syrien. « Tous ceux qui se trouvaient à l’intérieur ont été tués ou blessés », a poursuivi le ministère. Sur place, un correspondant de l’Agence France-Presse, a confirmé que le bâtiment annexe de l’ambassade d’Iran avait été rasé par les frappes. Israël n’a pas revendiqué cette frappe sans précédent sur un bâtiment diplomatique iranien en Syrie.

Le corps des gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, a annoncé que sept de ses membres, dont deux commandants, avaient été tués dans le raid. De son côté, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG basée au Royaume-Uni, qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays, a fait état de onze morts : « huit Iraniens, deux Syriens et un Libanais, tous des combattants, aucun civil ».

Le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra mardi à 15 heures (20 heures à Paris) une session publique à la demande de la Russie sur cette attaque, a annoncé le représentant russe à l’ONU Dmitri Polianski, cité par l’agence étatique Tass.

Le ministre iranien des affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a annoncé mardi que le chargé d’affaires de la Suisse, qui représente les intérêts des Etats-Unis en Iran où ils ne disposent pas d’ambassade, avait été convoqué. « Un message important a été adressé au gouvernement américain, puisqu’il soutient l’entité sioniste. L’Amérique doit prendre ses responsabilités », a souligné le ministre cité par l’agence iranienne Irna.

Le commandant d’une unité d’élite tué dans l’attaque

Selon l’agence de presse iranienne Nour, l’ambassadeur d’Iran à Damas « M. [Hossein] Akbari ainsi que sa famille n’ont pas été blessés lors de l’attaque israélienne ». Dans une déclaration retransmise par les médias de son pays, le diplomate a affirmé que l’annexe de l’ambassade avait été visée par « six missiles tirés par des jets F-35 » et assuré que son pays allait apporter « une réponse décisive » à cette attaque.

Selon le corps de gardiens de la révolution, le raid, qui a totalement détruit le consulat iranien, mitoyen de l’ambassade, a tué un commandant de la Force Al-Qods pour la Syrie et le Liban, le général Mohammad Reza Zahedi, ainsi qu’un autre haut gradé de cette unité, Mohammad Hadi Haji Rahimi.

Agé de 63 ans, le général Zahedi était membre du corps des gardiens depuis quatre décennies et avait occupé différents postes de responsabilité, notamment au sein de la Force Al-Qods, qui est considérée comme l’unité d’élite des gardiens. Elle intervient en dehors des frontières pour, selon Téhéran, aider les voisins de l’Iran et assurer la « stabilité » de la région contre les ingérences occidentales.

De nombreux responsables militaires iraniens ont été visés dans le passé par des frappes en Syrie. Le raid de lundi est le cinquième à viser le pays en huit jours.

L’Iran réclame une « réponse » internationale

Depuis le début de la guerre à Gaza, le 7 octobre 2023, plusieurs « conseillers militaires » iraniens ont été tués en Syrie, dont le général Sadegh Omidzadeh, responsable du renseignement pour la Force Al-Qods dans ce pays, selon des médias iraniens. A la fin de décembre, le général de brigade Razi Moussavi, un important commandant de la Force Al-Qods, avait été tué dans un tir de missile au sud de Damas.

« Nous condamnons fermement cette attaque terroriste odieuse » qui a tué « un certain nombre d’innocents », a déclaré le ministre syrien des affaires étrangères, Fayçal Mekdad, accouru sur les lieux, dans un communiqué repris par l’agence officielle Sana.

Au cours d’un appel avec son homologue syrien, le chef de la diplomatie iranienne, Hossein Amir Abdollahian, a considéré l’attaque « comme une violation de toutes les obligations et conventions internationales » et appelé la communauté internationale à apporter « une réponse sérieuse » aux frappes israéliennes. Pour M. Abdollahian, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, « a complètement perdu son équilibre mental en raison des échecs successifs du régime israélien à Gaza et de l’incapacité à atteindre les objectifs ambitieux des sionistes ».

Dans un communiqué publié lundi soir, le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, Nasser Kanaani, a fait savoir que « la République islamique d’Iran » allait « décider du type de réaction et de punition envers l’agresseur ».

Le Hezbollah appelle à la « vengeance »

De son côté, le Hamas palestinien a condamné « l’agression terroriste sioniste » ayant visé le bâtiment consulaire, dénonçant dans un communiqué une « violation flagrante du droit international » et une « dangereuse escalade »« Ce crime ne passera pas sans que l’ennemi soit puni », a menacé de son côté le Hezbollah libanais, soutenu par l’Iran, en invoquant une « vengeance » à venir.

La Russie a, elle aussi, attribué la frappe à Israël, la qualifiant d’« attaque inacceptable ». Le ministère des affaires étrangères russe a mis en garde contre les « conséquences extrêmement dangereuses » pour la région.

Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, les craintes de voir le conflit prendre une tournure régionale grandissent, les alliés de l’Iran au Liban, en Irak, au Yémen et dans le reste de la région s’étant mobilisés en faveur du Hamas.

Le Monde avec AFP

 

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