Samedi, 3 decembre 2022 23:00:57

La Corée du Nord a lancé, vendredi 18 novembre, un missile balistique intercontinental qui serait retombé dans la zone économique exclusive du Japon. Un tir qui fait suite à la cinquantaine de missiles tirés ces deux derniers mois par Pyongyang en réponse aux exercices des armées sud-coréennes et américaines. Une réunion d'urgence a été organisée autour de la vice-présidente américaine, Kamala Harris, au sommet de l'Apec à Bangkok.

Pyongyang a décidé de faire grimper la tension d’un cran dans la péninsule. Après les menaces du ministre des Affaires étrangères nord-coréen, la Corée du Nord a sorti l’artillerie lourde, rapporte notre correspondant à Séoul, Nicolas Rocca. D’après les informations sud-coréennes et japonaises, le missile balistique intercontinental (ICBM) aurait atteint une altitude maximale près de quinze fois supérieure à celle de la Station spatiale internationale, avant de s’écraser à 200 km des côtes japonaises.

Mais le missile pourrait aller bien plus loin que l’archipel, car Tokyo estime qu’il serait capable de voler 15 000 km. Ce qui signifie qu’il aurait le potentiel de frapper Washington et l’intégralité du territoire des États-Unis. Le 3 novembre, la Corée du Nord avait déjà lancé un ICBM, mais ce tir avait apparemment échoué, selon Séoul et Tokyo. Le pays avait rompu, en mars dernier, un moratoire qu'il s'était auto-imposé en 2017 sur les lancements de ce type de missiles à longue portée, capables, selon les experts militaires, d'atteindre le territoire continental des États-Unis. 

Washington en ligne de mire

Ce test semble donc directement dirigé vers l’ennemi américain. La Maison Blanche a condamné « fortement » le tir, qui constitue, selon elle, « une violation éhontée de multiples résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et fait inutilement monter les tensions et risque de déstabiliser la situation sécuritaire dans la région ».

À Bangkok, où elle participe au sommet de la Coopération économique de l’Asie Pacifique, la vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, a convoqué une rencontre avec les pays alliés de la région pour évoquer ce tir de missile. Y ont participé les dirigeants du Japon, de la Corée du Sud, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Canada, rapporte notre correspondante à Bangkok, Carol Isoux.

Cette attaque pourrait être une réponse de la Corée du Nord après une réunion la semaine dernière au Cambodge entre le président américain Joe Biden, et les dirigeants japonais et sud-coréen à l’issue de laquelle les trois chefs d’État ont averti la Corée du Nord de conséquences si elle venait à réitérer des essais nucléaires. Yoon Suk-yeol, le président sud-coréen, a appelé de son côté à renforcer les moyens de dissuasion face une Corée du Nord qui ne cesse d’améliorer ses capacités militaires.

La Chine, vers qui tous les regards se tournent, est restée, elle, discrète. Lors de la réunion du G20 il y a quelques jours à Bali, Joe Bien s’était montré confiant dans le fait que la Chine ne souhaitait pas voir d’escalade dans le dossier nord-coréen. Cependant, Washington a réaffirmé ces dernières semaines sa capacité à utiliser tous les moyens, y compris nucléaires, pour défendre Séoul et Tokyo face à la menace nord-coréenne.

rfi

 

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