Les forces russes poursuivent leur offensive sur l'aciérie Azovstal, dernière poche de résistance ukrainienne à Marioupol, a affirmé vendredi le ministère ukrainien de la Défense, alors qu'un convoi de l'ONU est attendu pour évacuer les civils toujours réfugiés dans l'usine. 

Les forces russes ont, «dans certaines zones, avec le soutien de l'aviation, repris les opérations visant à prendre le contrôle de l'usine» et «le blocus des unités de défense (ukrainiennes) continue», a indiqué le ministère dans un communiqué.

Le communiqué n'évoque pas de trêve alors que l'armée russe avait annoncé mercredi soir qu'elle respecterait un cessez-le-feu unilatéral pendant trois jours, de jeudi à samedi, pour permettre l'évacuation des civils de cette immense aciérie.

Mais un commandant ukrainien dans l'usine avait indiqué jeudi qu'ils «ne tenaient pas leur promesse» de trêve.

La prise d'Azovstal permettrait à Moscou de revendiquer le contrôle total de Marioupol, port stratégique à la pointe sud du Donbass qui comptait près de 500 000 habitants avant la guerre mais a été dévasté par deux mois de siège et de bombardements. 

Jusqu'ici la Russie n'a revendiqué le contrôle total que d'une ville ukrainienne d'importance, Kherson.

Les Ukrainiens ont indiqué ces derniers jours qu'ils soupçonnaient Moscou de vouloir organiser un défilé militaire à Marioupol le 9 mai, jour où les Russes célèbrent l'anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie en 1945 avec un grand défilé sur la place Rouge.

Un conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak, a en outre accusé vendredi Moscou de vouloir faire défiler à cette occasion des prisonniers ukrainiens, comme les séparatistes pro-russes de l'Est de l'Ukraine l'avaient fait en 2014 après s'être emparés de la grande ville de Donetsk.

«Le 24 septembre 2014, un défilé de prisonniers s'était tenu à Donetsk. Ils avaient fait marcher des soldats de l'armée ukrainienne dans les rues, on leur jetait des ordures. Huit ans après, le Kremlin a décidé de rejouer ça le 9 mai à Marioupol, avec des civils en uniforme militaire», a-t-il affirmé sur Twitter.

La Russie n'a confirmé aucune de ces informations. Les autorités séparatistes prorusses de la région ont simplement indiqué que des panneaux de signalisation routière en russe avaient été installés aux alentours de la ville, remplaçant ceux en ukrainien et en anglais.

Journal de Montréal

 

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