Dimanche, 5 decembre 2021 14:21:21

Le Conseil français du culte musulman et la Grande Mosquée de Paris, qui a fait sécession en mars, ont chacun annoncé, dimanche, la création prochaine de leur propre instance censée labelliser les imams.

Le gouvernement français voulait un Conseil national des imams (CNI) pour restructurer l’islam et lutter contre la radicalisation. Pour l’heure, il en voit deux se profiler à l’horizon, ce qui illustre la division entre les représentants des musulmans en France.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) et la Grande Mosquée de Paris ont chacun annoncé, dimanche 14 novembre, leur volonté de fonder leur propre instance censée labelliser les imams exerçant sur le territoire.

Le CNI « sera créé lors d’une assemblée générale le dimanche 21 novembre 2021 », ont déclaré, à l’Agence France-Presse (AFP), la Grande Mosquée de Paris et les trois fédérations qui ont claqué la porte du bureau exécutif du CFCM en mars. Celui-ci a immédiatement réagi en annonçant lui aussi la création d’un CNI.

Dans un communiqué, il a appelé « l’ensemble des instances départementales du culte musulman à se réunir en congrès, le 12 décembre 2021, pour la mise en place effective du Conseil national des imams. » Il dénonce également « l’initiative unilatérale » des quatre fédérations dissidentes et estime que « la légitimité » du CNI « ne peut être acquise que sous l’égide du CFCM et avec la participation de l’ensemble de ses fédérations ainsi que l’implication de toutes les structures régionales et départementales ».

Des divisions sur fond d’une inimitié notoire

Interlocuteur historique des pouvoirs publics concernant le culte musulman, le CFCM est plongé dans la tourmente depuis que le gouvernement a voulu faire adopter une « charte des principes pour l’islam de France », réclamée par Emmanuel Macron dans la foulée de son offensive contre le « séparatisme ». Le texte, qui devait servir de pierre angulaire pour restructurer la deuxième religion du pays, dénonce notamment « l’instrumentalisation » politique de l’islam, proscrit « l’ingérence » d’Etats étrangers et réaffirme la « compatibilité » de l’islam avec la République.

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En janvier, trois fédérations du CFCM, dont les deux turques – le Millî Görüs et le Comité de coordination des musulmans turcs de France – ont rejeté cette charte, qui risque, selon elles, de « fragiliser » la confiance à l’égard des musulmans. Après ce refus, quatre des neuf fédérations du CFCM – la Grande Mosquée de Paris, le Rassemblement des musulmans de France, Musulmans de France et la Fédération française des associations islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA) – ont annoncé en mars qu’elles quittaient le bureau exécutif du CFCM pour créer une nouvelle instance chargée de réfléchir à « la refondation de la représentation du culte musulman en France ».

Ces divisions de fond sont également nourries par l’inimitié notoire entre le président du CFCM, Mohammed Moussaoui, proche du Maroc, et le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, proche de l’Algérie.

 

Afp avec le Monde

 

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