Dimanche, 5 decembre 2021 14:17:36

C'est une très inquiétante prophétie que rapporte Bloomberg. Alors que les tensions entre la Russie et l'Europe semblent plus proches que jamais du point de rupture, notamment sur une question énergétique vitale que Vladimir Poutine ne semble pas pressé de régler, des officiels américains auraient prévenu leurs homologues européens, lors de réunions à Bruxelles, de la possible préparation d'une invasion de l'Ukraine par les forces de Moscou.

Selon le site américain, les États-Unis surveillent ainsi de près l'accumulation de troupes russes à la frontière ukrainienne et devraient bientôt transmettre leurs données à leurs alliés du bloc européen. L'information a été confirmée par un porte-parole de la Maison-Blanche, qui a rappelé que l'Ukraine était une nation partenaire et condamné les manœuvres de Moscou.

Bloomberg rappelle qu'un amassement militaire similaire avait provoqué au printemps 2021 la même inquiétude, poussant Joe Biden à appeler Vladimir Poutine et organiser un sommet qui s'est tenu en juin.

L'actuelle manœuvre correspond également à une période de très vives tensions entre la Pologne et la Biélorussie, un proche allié de la Russie, cristallisées autour de questions migratoires et qui ont poussé Angela Merkel à demander au président russe d'intervenir, ce qu'il a refusé de faire.

Les questions énergétiques viennent également se mêler à cet embrouillamini géopolitique. Le président biélorusse, Alexander Lukashenko, a ainsi menacé l'Europe de couper l'un des pipelines assurant son approvisionnement en gaz russe si des sanctions étaient prises contre son gouvernement dans le cadre de cette crise migratoire, que certains analystes estiment être organisée par Moscou pour déstabiliser la région.

Démonstration de force

Un «proche du Kremlin» anonyme, interrogé par Bloomberg, explique que la Russie ne compte pas envahir l'Ukraine dans l'immédiat, mais bander ses muscles et montrer qu'elle y est prête, si la situation venait à se détériorer en sa défaveur.

Une personne présente lors de l'échange des informations entre les États-Unis et l'Union européenne à Bruxelles décrit néanmoins les données présentées comme «troublantes». Elles l'ont suffisamment été pour faire se déplacer à Moscou le patron de la CIA où il aurait discuté avec Vladimir Poutine de ses intentions.

Selon la firme spécialisée dans la défense Janes, l'arrivée de troupes et de matériels russes à la frontière ukrainienne se ferait cette fois et, contrairement au printemps dernier, de manière discrète, voire dissimulée, de nuit et conduite par des troupes d'élite.

La position de l'Ukraine, entre le bloc européen et son voisin russe, en fait l'un des points les plus chauds du globe. Kiev ne fait pas mystère de son attirance pour l'Union européenne et l'OTAN, un tropisme que Moscou pourrait ne plus tolérer.

Le Secrétaire d'état américain Antony Blinken, qui s'est entretenu avec son homologue ukrainien et lui a rappelé le soutien des États-Unis, comme l'a fait la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, a ainsi expliqué à des journalistes craindre que la Russie ne recommence ce qu'elle a fait en 2014.

À la suite de la «révolution de Maïdan», Moscou avait annexé la Crimée, territoire qu'elle considère comme étant partie intégrante de la nation russe. Il provoquait alors une intense crise internationale, dont les contrecoups se font encore sentir aujourd'hui –notamment du fait de la présence de navires militaires occidentaux en Mer Noire.

 

Korii.slate.fr

 

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