Les inondations qui touchent la province du Henan, au centre de la Chine, ont été qualifiées « d’extrêmement graves » par le président chinois, Xi Jinping. Avec des scènes de chaos, mardi 20 juillet, dans la ville de Zhengzhou qui a vu tomber en trois jours l’équivalent d’un an de pluie. Une capitale provinciale où l’armée a été appelée en renfort.

L'arrivée des secours passe en boucle sur les télévisions d’État depuis ce mercredi 21 juillet au matin. Images qui rassurent au milieu de ces paysages détrempés. Par la fenêtre du train qui a ralenti 100 kilomètres avant l’arrivée, derrière le rideau de pluie, nous avons vu des champs d’arbres fruitiers et certaines voies expresses recouverts par les eaux boueuses qui ont également envahi la capitale du Henan, placée en alerte rouge – le niveau d’alerte le plus élevé pour la météo chinoise.

Zhengzhou sous les eaux

Ce mercredi matin, les stigmates de ces pluies diluviennes, les plus importantes enregistrées depuis un siècle, marquent l’esplanade de la gare, détrempée, elle aussi, avec des pots de fleurs renversés, une demi-pastèque suspendue à une rambarde, des fauteuils, des vélos, des scooteurs emmenés par le torrent boueux de la veille. Plus d’électricité, pas de téléphones dans les rues de la ville encore inondées ce mercredi matin à 7 h, comme en témoignent les vidéos enregistrées sur les smartphones, et notamment de ces passagers coincés dans les rames, accrochés aux poignées devant le niveau de l’eau qui monte.

« Le niveau de l’eau nous arrive jusqu’au cou »

« Nous sommes sur la ligne 5 du métro, raconte une habitante à l'agence officielle Chine Nouvelle. Il est maintenant près de 20h30. Nous avons vécu une situation très anormale cette dernière heure. Vous voyez, le niveau de l’eau nous arrive jusqu’au cou. Maintenant, heureusement, l’eau redescend, et nous sommes toujours dans le wagon. Les pompiers sont en train d’arriver. Ils emmènent les gens un par un. »

« J’ai pris le train hier soir de Pékin, confie madame Guo, une autre passagère. Nous sommes arrêtés brusquement à la frontière du Henan. On a attendu pendant cinq heures, puis nous sommes revenus à Pékin. »

Près de 1 800 pompiers venus de 7 provinces sont arrivés en renfort, selon la presse officielle, auxquels s'ajoutent 130 personnels de l’armée de l’Air, l’unité nationale d’urgence de réponse aux inondations, ainsi que le génie civil. Des soldats déployés le long des cours d’eau pour y déposer des sacs de sable, notamment près du barrage de Yihetan, proche de l’ancienne capitale impériale Luoyang, qui menace, selon l’armée, de s’effondrer.

RFI