Les corps policiers du Québec ont resserré la surveillance de certains ponts, comme le pont Jacques-Cartier, depuis l’instauration du couvre-feu qui a enflammé les conspirationnistes sur le web. Des menaces sur les réseaux sociaux visaient certaines infrastructures.

« L’annonce du couvre-feu les a rendus complètement fous », indique une source au fait des discussions. « Nous devons les surveiller plus qu’avant », rajoute-t-elle. 

Les grands corps policiers du Québec accroissent présentement leur surveillance sur certains leaders conspirationnistes ou radicaux qui gagnent en popularité au Québec. 

Après l’attaque des partisans de Donald Trump sur le Capitole américain, la surveillance des vedettes québécoises de la « complosphère » s’est accentuée, rapportent plusieurs sources. 

Certains sont des sujets d’intérêt pour les forces policières.

Plus dangereux et plus discrets

En novembre, cet enjeu de sécurité était à l’agenda de la réunion entre des spécialistes de la lutte antiterrotiste. « Le problème, c’est que ce sont des groupes qui sont assez désorganisés. Les plus dangereux sont ceux qui se font plus discrets sur les médias sociaux », précise un policier qui a requis l’anonymat. 

Milice

Parmi les groupes surveillés par les enquêteurs chargés de débusquer les menaces à la sécurité nationale se trouvent les Three Percenters, une milice d’extrême droite originaire des États-Unis et farouchement pro-armes à feu. 

De nombreux comptes liés à l’organisation sont cependant inactifs. « On est passé en mode Dark », affirme l’un de ses membres avec qui notre Bureau d’enquête s’est entretenu. 

Des documents que nous avons consultés placent les Three Percenters derrière des complots terroristes aux États-Unis. 

Aidés par les Américains 

Selon nos informations, les policiers canadiens ont reçu de l’aide de leurs vis-à-vis américains en début d’année afin de mieux identifier les menaces post-insurrectionnelles aux États-Unis qui ont des liens avec le Canada. 

Selon ces mêmes sources, plusieurs groupes aperçus lors du soulèvement au Capitole le 6 janvier à Washington ont des ramifications à l’extérieur des États-Unis, et les théories du complot en lien avec la pandémie de COVID-19 agissent comme base des soulèvements politiques actuels.

« La Sûreté du Québec collabore avec différents partenaires policiers pour identifier les personnes qui pourraient commettre des infractions », a affirmé le porte-parole de la Sûreté du Québec Hugo Fournier. 

« Nous avions vu venir cette menace quand les États-Unis ont élu leur nouveau président en novembre 2016 », affirme Didier Deramond, ancien officier du SPVM et ex-vice-président du Comité sur la sécurité nationale et le contre-terrorisme.  

Le Journal de Montréal