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Donald Trump et ses partisans complotistes pourraient faire face à la justice avec des peines allant jusqu’à 20 ans de prison à la suite de l’attaque meurtrière du Capitole à Washington mercredi dernier, selon le procureur des États-Unis. 

« Qu’il s’agisse d’une simple intrusion sur le sol du Capitole ou de quelqu’un ayant posé une bombe artisanale, vous serez trouvé et vous serez accusé », a prévenu Michael Sherwin, procureur des États-Unis du District de Columbia, lors d’une conférence de presse exceptionnelle, mardi, en compagnie du directeur adjoint du bureau du Federal Bureau of Investigation (FBI) à Washington, Steven D’Antuono.

Selon M. Sherwin, plus de 170 suspects ont été identifiés dans les six jours suivant l’émeute à Washington. Il ajoute que 70 personnes ont déjà été inculpées pour des offenses pouvant aller de la simple intrusion au vol de courrier ou encore à l’homicide involontaire.

La violente attaque des supporters du président sortant Donald Trump au Capitole a fait au moins cinq morts, dont un policier du Capitole, et de nombreux blessés.

Selon le procureur, le Capitole est considéré comme une « scène de crime ».

Pour M. Sherwin, il n’y a pas de doutes que le nombre de dossiers et d’accusations grimpera à plusieurs centaines dans les prochaines semaines et les prochains mois. Les bureaux de la police fédérale à travers les États-Unis travaillent sur le dossier pour retrouver le maximum d’émeutiers.

Sédition et conspiration

Actuellement, le défi du FBI est d’agir vite. Pour ce faire, la justice retient pour le moment « les chefs d’accusation les plus simples comme intrusion illégale ou de port d’armes non autorisé », a déclaré M. Sherwin.

Les poursuites pourront être requalifiées ultérieurement, et le procureur envisage de « retenir des crimes majeurs comme la sédition et la conspiration » pour les actes les plus graves.

Il a notamment ajouté qu’une cellule composée de procureurs expérimentés dans les dossiers de sécurité nationale et de corruption a été formée afin de préparer des poursuites de ce type, qui sont passibles de peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison.

Le président aussi 

Mais outre les manifestants, c’est aussi le président Trump qui est sous la loupe. Le procureur général du District de Columbia, Karl Racine, a indiqué dans une entrevue au réseau CNN mardi que son équipe enquêterait sur les propos tenus par le président et un certain nombre de républicains pro-Trump à l’approche de l’attaque du Capitole pour voir si leurs remarques avaient violé des lois. 

Dans son discours prononcé mercredi dernier, le milliardaire n’a pas hésité à inviter ses partisans à « marcher jusqu’au Capitole » en leur disant qu’ils ne « [reprendront] jamais [leur] pays avec faiblesse, [ils doivent] faire preuve de force ».

« S’ils atteignent le niveau de l’incitation, nous allons examiner tous nos livres de droit et les faits, y compris l’enregistrement des commentaires du président Trump », a ajouté M. Racine.

Dans ses premiers commentaires publics aux médias après la révolte, mardi, M. Trump a insisté sur le fait que son discours incitant à l’émeute au Capitole était « approprié » et n’appelait à « aucune violence ».

Le directeur adjoint du bureau de la police fédérale à Washington, M. D’Antuono, a pour sa part dit qu’« aussi offensante qu’une déclaration puisse être, le FBI ne peut ouvrir une enquête sans menace de violence ou activité criminelle présumée. Cependant, lorsque ce langage se transforme en appel à la violence ou à une activité criminelle, le FBI est en mesure d’entreprendre une enquête ».

100 000 documents

Le FBI avait immédiatement mobilisé des équipes pour identifier les participants à cet assaut grâce aux nombreuses photos et vidéos publiées sur les réseaux sociaux.

Après avoir lancé un appel à l’aide aux Américains, le FBI a reçu plus de 100 000 supports numériques.

« Nous examinons chacun d’entre eux à la recherche de pistes d’enquête et de renseignements », a indiqué M. D’Antuono.

Le Journal de Montréal