Mercredi, 21 octobre 2020 23:23:03

Une semaine après son décès dans des circonstances troublantes, l’Assemblée nationale a offert des excuses officielles aux proches de Joyce Echaquan, à l’initiative du premier ministre François Legault.  

«Je sais que les excuses et les paroles ne vont pas effacer ce qui est arrivé, mais j’espère que ça va apporter un peu de réconfort aux proches de Mme Echaquan», a déclaré François Legault au Salon bleu au moment de présenter sa motion au Salon bleu.     

Le premier ministre caquiste avait annoncé, la veille, son intention de poser ce geste solennel, affirmant que «ce qui est arrivé à Mme Echaquan est totalement inacceptable». Dans une vidéo diffusée en direct sur Facebook, on peut entendre une infirmière et une préposée tenir des propos racistes et dégradants à l’endroit de la femme atikamekw de 37 ans en détresse, peu avant son décès à l’hôpital de Joliette la semaine dernière.  

Pas de racisme systémique  

Bien qu’il refuse de parler d’un «racisme systémique» vécu par les Autochtones – tel que le décrivait le rapport Viens l’an dernier – François Legault a décrit lors de son allocution un mal présent dans l’ensemble de la société québécoise. «On s'entend tous, M. le Président, que les membres des premières nations font l'objet de racisme. Ça existe dans la police, ça existe dans la justice, mais ça existe aussi en dehors des institutions gouvernementales, notamment en matière d'emploi et en matière de logement», a-t-il déclaré.  

Mais, «ça ne veut pas dire que la nation québécoise est raciste», a-t-il ajouté immédiatement.  

Un tournant?  

Le premier ministre s’est d’ailleurs engagé à «combattre le racisme sous toutes ses formes», notamment grâce au suivi des recommandations du rapport Viens sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec et aux propositions à venir du groupe d’action contre le racisme créé par son gouvernement.  

«Et je suis déterminé à transformer ça en actions concrètes pour que, dans cinq ans, dans 10 ans, le drame de Mme Echaquan reste comme un tournant, pour qu'on s'en souvienne comme du moment où on est enfin passés l'action collectivement», dit M. Legault.  

Prenant la parole peu après, la cheffe libérale Dominique Anglade a également appelé à le gouvernement à passer à poser des gestes concrets. «Ces excuses ne doivent pas rester que des mots, elles doivent être accompagnées d'actions, d'une volonté affirmée et assumée de changer de paradigme dans nos relations avec les Premières Nations, d'un leadership fort afin d'endiguer les trop nombreuses manifestations de racisme qui affectent et déciment encore les communautés autochtones», a-t-elle déclaré.  

Au même moment où les élus se recueillaient à l’Assemblée nationale, le corps de Joyce Echaquan était porté en terre à la Manawan, dans le nord de Lanaudière. 

 
Journal de Montréal