Dimanche, 3 juillet 2022 00:33:20

Comme Lioudmyla, de nombreux Roms ukrainiens – une communauté estimée à 50 000 personnes dans le recensement et à 400 000 par les associations – disent peiner à accéder à l'aide déployée depuis le début de l'offensive russe, le 24 février. Déplacée par la guerre, Lioudmyla, 59 ans, s'était mise d'accord par téléphone avec les autorités d'une ville de l'ouest de l'Ukraine pour être relogée. « Mais quand je suis arrivée, et qu'ils ont vu ma peau sombre, ils ont refusé de me donner un abri », témoigne-t-elle dans ce reportage de l'AFP. 

Elle qui préfère taire son nom de famille, est, selon ses propres termes, « une success story » pour sa communauté parce qu'elle a fait des études, tout comme sa fille Ilona, juriste. Les deux femmes ont donc négocié ferme, menacé de porter plainte et ont finalement obtenu, après une journée entière de tractations, les clés d'une chambre, où elles ont passé un mois avec la belle-mère d'Ilona et trois enfants. « Si je n'avais pas été éduquée, on se serait retrouvé à dormir dans la rue ou à la gare », estime Lioudmyla qui vient de rentrer chez elle, à Treboukhiv dans la banlieue de Kiev, rassurée par le repli des soldats russes vers le sud et l'est du pays.

« Le principal problème est le logement: les gens ne veulent pas accueillir des familles roms », explique à l'AFP Julian Kondour de l'association Chiricli, en expliquant que des préjugés tenaces continuent d'alimenter une « peur » des Roms en Ukraine, comme dans de nombreux autres pays. L'ONG Human Rights Watch (HRW) a d'ailleurs épinglé mercredi la Moldavie, où de nombreux Roms des montagnes voisines des Carpates se sont réfugiés. Les autorités moldaves les « hébergent délibérément à l'écart des autres réfugiés », a écrit l'association de défense des droits de l'homme, en dénonçant une politique « ségrégationniste ».

rfi

 

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