Dimanche, 3 juillet 2022 01:02:05

L’Ukraine et la Russie ont fait miroiter l’espoir d’une entente après leurs négociations hier, mais la guerre est bien loin d’être terminée, préviennent des experts. 

 

«Il faut demeurer extrêmement prudent, parce que des signes encourageants, ce n’est pas la première fois qu’on en voit», a réagi Rafael Jacob, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand. 

Les pourparlers d’hier entre la Russie et l’Ukraine à Istanbul en Turquie ont ouvert la voie à une rencontre entre les présidents russe et ukrainien pour mettre fin au conflit, selon les négociateurs des deux camps après trois heures de discussions. Jusqu’à présent, Moscou avait toujours refusé cette demande de Kyïv. 

«Les signaux que nous entendons dans les négociations sont positifs, mais ils ne font pas oublier les explosions ou les obus russes», a souligné le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui n’a pas « l’intention de relâcher » ses efforts militaires pour autant. 

Pour «accroître la confiance», Moscou réduira «radicalement [son] activité militaire» près de Kyïv et Tcherniguiv dans le nord du pays, a annoncé le vice-ministre de la Défense russe Alexandre Fomine. 

Des promesses tenues ?

Le président américain Joe Biden a fait savoir qu’il attendra de voir si la Russie «tiendra parole» avant d’y croire. Car les États-Unis doutent du «réel sérieux» de Moscou dans les négociations, a poursuivi le secrétaire d’État, Antony Blinken. 

Un avis partagé par Rafael Jacob, qui ne voit pas jusqu’à présent une grande implication de la Russie. 

«À une exception près, toutes les offres viennent du côté ukrainien», a-t-il précisé.

Mais même avec un accord de paix, la guerre ne sera pas finie pour autant, a tempéré Justin Massie, codirecteur du réseau d’analyse stratégique et professeur de sciences politiques à l’UQAM. 

«L’accord se viole. Ce n’est pas parce qu’il y a un cessez-le-feu qui est signé que tout le monde rentre chez soi. Au contraire, a-t-il estimé. Il est très possible que les Russes profitent de cette accalmie pour se réorganiser, envoyer des renforts, ravitailler leurs troupes en vue d’une autre attaque.»

Gagner du terrain

D’ici là, la vie en Ukraine ne sera pas de tout repos : les deux camps tenteront d’obtenir plus de victoires pour négocier en position de force. 

En soirée hier, les forces russes autour de Kyïv ont d’ailleurs entamé un « repositionnement », mais « pas un vrai retrait » des troupes, a affirmé le porte-parole du ministère américain de la Défense, John Kirby.

«Nous devons être prêts à voir une offensive majeure contre d’autres zones d’Ukraine [...] Cela ne signifie pas que la menace contre Kyïv soit terminée», a-t-il prévenu. Les sirènes aériennes continuaient par ailleurs de retentir dans la capitale en raison de tirs de missiles, selon CNN. 

«On souhaite la paix, on souhaite que cette fois-ci soit la bonne, mais on n’est pas là pour l’instant», conclut M. Jacob. 

 

Le Journal de Montréal

 

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