Si en théorie, les musulmans de France sont libres de croire ou de ne pas croire, un rapport du Centre européen pour le droit et la justice démontre que l’apostasie est en réalité très peu respectée.
 

Accepter l’apostasie, c’est-à-dire l’abandon de sa religion, fait partie des principes inscrits dans le projet de charte rédigée par le Conseil français du culte musulman (CFCM). Cette charte indique que « les signataires s’engagent à ne pas criminaliser un renoncement à l’islam (…) encore moins d’attenter à l’intégrité physique ou morale de celles et ceux qui renoncent à une religion ». Pourtant dans les faits, il semble y avoir un décalage entre la théorie et la pratique, comme le relaye le Figaro le 30 mars. Le Centre européen pour le droit et la justice, qui a récolté de nombreux témoignages de musulmans convertis au christianisme retranscrit le calvaire qu’ils ont vécu : « Une écrasante majorité de personnes quittant l’islam pour rejoindre le christianisme subit une persécution familiale et communautaire dont l’intensité varie grandement, du mépris à la violence », mentionne le rapport. 

Les convertis en grand danger

Humiliations publiques, crachats, coups et menaces, nombreux sont les anciens musulmans convertis à avoir subi ces violences psychiques et physiques et dont la discrétion devient une obligation, eux qui vivent dans la peur que leur choix ne leur porte préjudice. Malgré la gravité des persécutions, certaines associations du CFCM ont refusé de signer la charte dont « certains passages et formulations » seraient « de nature à fragiliser les liens de confiance entre les musulmans de France et la Nation. » Pour Yassine Mansour, doctorant en droit et lui-même converti au christianisme, l’apostasie est très taboue et dangereuse : « Si la charia n’existe pas en droit français, en revanche les quartiers où les musulmans vivent entre eux de façon concentrée recréent parfois une forme de charia officieuse », assure-t-il avant de citer en exemple : « Je le vois par exemple avec le ramadan : discrètement, certaines associations musulmanes enquêtent pour savoir qui le respecte ou non. La liberté religieuse n’est pas garantie de manière effective partout sur le sol français.» Dans une dizaine de pays comme l’Afghanistan, l’Arabie Saoudite ou encore l’Iran, une législation fondée sur la charia est appliquée pour punir l’apostasie par le biais de peines de prison voire des exécutions.

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