Dimanche, 5 decembre 2021 16:06:09

Invitée dimanche 10 janvier sur France 3, la ministre déléguée chargée de la citoyenneté Marlène Schiappa a affirmé que certaines familles « évangélistes » sollicitent des certificats de virginité. Une affirmation fermement contestée par les évangéliques français.

Interrogée dans l’émission Dimanche en politique, le 10 janvier, sur le contenu du projet de loi séparatisme et sur les dérives sectaires, la ministre chargée de la citoyenneté a affirmé qu’« il y a tout un pan de cette loi qui vise à protéger la liberté de conscience, et à lutter contre les dérives sectaires. »

Pour appuyer son propos, Marlène Schiappa donne l’exemple des certificats de virginité, pratique attestée dans certains pays comme l’Afghanistan ainsi qu’aux États-Unis : « Vous avez de plus en plus de familles qui sont influencées par des courants évangélistes venant des États-Unis, qui demandent des certificats de virginité. »

Une parole « très regrettable » selon le président du Cnef

Au-delà du mésusage du terme « évangélistes » qui désigne en effet les auteurs des Évangiles, la seconde partie de l’affirmation a fait bondir certains évangéliques, dont Christian Blanc, le président du Conseil national des évangéliques de France (Cnef).

Dans un tweet, il parle d’une parole « très regrettable » de la part de la ministre, et il affirme que les certificats de virginité sont une « pratique inconnue » dans son organisation. Une réponse vive largement approuvée sur les réseaux sociaux, certains s’agaçant d’un « étrange amalgame avec l’islam radical », comme le pasteur Thierry Le Gall, directeur du Service pastoral du Cnef auprès des parlementaires. Pour Sébastien Fath, historien et spécialiste du protestantisme évangélique, ces propos sont « diffamatoires ».

Ce n’est pas la première fois que le sujet des certificats de virginité est mis en avant par Marlène Schiappa. Le 26 septembre, elle exhortait déjà, dans une tribune publiée dans Le Journal du Dimanche, à interdire les certificats de virginité, en citant des exemples venus des États-Unis mais sans montrer la preuve de telles dérives en France.

Polémique grandissante

Face à la polémique grandissante, Marlène Schiappa a répondu implicitement par deux tweets : un renvoyant vers un article du Figaro datant de novembre 2019 sur des dérives sectaires constatées dans des mouvements évangéliques ou se définissant comme tels. Dans un message, elle relaie un post de l’ONG Plan International France sur le cas du rappeur américain T.I qui avait avoué en 2019 avoir emmené sa fille chez le gynécologue pour vérifier qu’elle était toujours vierge.

En octobre 2018, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait publié une déclaration cosignée par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et l’organisation ONU-Femmes, qui vise à mettre fin à ces certificats. Selon nos confrères de Libération, bien que des demandes ont été constatées de manière marginale par différents médecins, « aucune procédure disciplinaire n’a été engagée par le Conseil de l’Ordre des médecins vis-à-vis d’un praticien » pour une éventuelle délivrance d’un tel certificat.

La croix

 

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