Arrêtés, interrogés, emprisonnés,  harcelés pour qu'ils renient leur foi, les musulmans convertis au christianisme souffrent au quotidien. Un rapport, sorti en janvier 2020 recense ces violences et fait l'état des lieux de la situation des chrétiens iraniens.

Il est le fruit d'une collaboration entre plusieurs ONG (Portes Ouvertes, Article 18, Middle East Concern et CSW) qui oeuvrent à dénoncer les violations au droit à la liberté de religion et de conviction perpétrées en Iran.

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Sous étroite surveillance

Même si les chrétiens membres des églises historiques ne sont pas épargnés, ce sont surtout les musulmans convertis au christianisme qui sont la cible des autorités. Les responsables politiques et religieux affirment haut et fort que les chrétiens convertis sont des apostats qui méritent la peine de mort. Les services de renseignement de l'État collaborent avec des imams pour lutter contre les conversions au christianisme. Ces chrétiens sont surveillés étroitement dans tous les domaines de leur vie quotidienne par le ministère du renseignement et de la sécurité nationale (VEVAK) et par les gardiens de la révolution.

Certains se sont vu interdire de continuer leurs études, comme Fatemeh (Marie) Mohammadi qui a été expulsée en décembre dernier de l' université AZAD de Téhéran pour avoir dénoncé dans les réseaux sociaux les injustices que subissent les chrétiens. Le pasteur Youssef Nadarkhani, condamné à 10 ans de prison pour sa foi a fait une grève de la faim de 3 semaines car l'école où sont scolarisés ses deux fils refusait de valider leur année scolaire parce qu'ils n'avaient pas assisté aux cours de religion musulmane.

Le rapport montre également le fait que les iraniens convertis n'ont pas le droit d'aller à l'église. En effet, il n'y a que 4 églises ouvertes aux chrétiens parlant le persan sur la totalité du territoire iranien. 

17 chrétiens en prison fin 2019

Ne pouvant aller à l'église, les chrétiens iraniens persophones se réunissent les uns chez les autres, formant ainsi un réseau souterrain d'églises de maison. Or les services de renseignements assistés des gardiens de la révolution multiplient les descentes lors de ces réunions. Ils arrêtent les chrétiens présents et confisquent bibles et littérature religieuse ainsi que téléphones portables et ordinateurs.

Une fois au commissariat, les chrétiens subissent des interrogatoires musclés lors desquels on cherche à leur faire renier leur foi ou à leur faire promettre de ne plus rencontrer d'autres chrétiens et de ne plus participer aux activités chrétiennes. Il arrive aussi qu'ils soient inculpés d'atteinte à la sécurité nationale, jugés et emprisonnés. Lors de l'année 2019 beaucoup ont été condamnés à une peine de prison allant de 4 mois à 1 an ou ont vu leur peine confirmée en appel. Fin 2019, ils étaient 17 derrière les barreaux à cause de leur foi, chiffre probablement en deçà de la réalité car tous les cas ne sont pas rapportés.

Certains choisissent l'exil et vont vivre leur foi à l'étranger mais cela ne signifie pas pour autant la fin de la persécution. Le rapport révèle que plusieurs familles dont le membre converti vit à l'étranger ont été harcelées et menacées par les autorités alors même qu'elles ne sont pas chrétiennes.

Au regard de ce rapport, on peut qualifier la persécution d'extrême en Iran, qui occupe la 9ème place de l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2020 publié en janvier et qui recense les 50 pays où les chrétiens sont le plus persécutés.

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