Dimanche, 3 juillet 2022 01:59:17

Il avait été condamné à mort et exécuté à 16 ans pour meurtre: 91 ans plus tard, un tribunal de Pennsylvanie, dans l'est des États-Unis, a reconnu cette semaine l'innocence d'Alexander McClay Williams, rendant justice à cet Afro-Américain et à sa seule sœur survivante, âgée de 92 ans. 

«Je suis simplement contente que cela se termine comme cela aurait dû commencer», a confié Susie Williams-Carter, la sœur de l'adolescent, citée par The Philadelphia Inquirer jeudi. «Nous savions qu'il était innocent, maintenant nous voulons que tout le monde le sache.» «Nous ne pouvons pas réécrire l'Histoire. (...) Mais quand la justice peut être rendue en reconnaissant publiquement une telle erreur, nous devons saisir l'opportunité», a déclaré, de son côté, le procureur du comté du Delaware, en Pennsylvanie, Jack Stollsteimer.

Le procureur s'exprimait dans un communiqué à la suite du non-lieu rendu lundi par un juge du comté, au bénéfice d'Alexandre McClay Williams, après des années de procédure.  

Jury blanc

«Cette décision est la reconnaissance que les accusations portées contre lui n'auraient jamais dû l'être», a ajouté le procureur, rappelant que l'adolescent, exécuté le 27 février 1931, est resté le plus jeune garçon de l'histoire de cet État à subir la peine capitale.

Le 3 octobre 1930, le mari de Vida Robare, une responsable blanche de la Glen Mills School for Boys, un centre de détention pour jeunes délinquants, avait retrouvé le corps de sa femme, «brutalement assassinée» dans son chalet, dans l'enceinte de l'établissement, rappelle le bureau du procureur. Rapidement accusé, Alexander McClay Williams, 16 ans, qui purgeait une peine dans l'établissement, avait signé trois fois des aveux au cours de cinq interrogatoires sans la présence d'un avocat ni d'un parent, «malgré l'absence de témoins oculaires ou de preuves directes», ajoute la même source.

Jack Stollsteimer rend hommage au travail «sans relâche, pendant des années», de la sœur du garçon et de l'arrière-petit-fils de l'avocat pour montrer «les incohérences» du dossier, comme des éléments pouvant disculper l'accusé mais pourtant ignorés. Le procureur cite cette «empreinte de main sanglante d'un homme adulte trouvée près de la porte de la scène du crime, photographiée par la police» mais «jamais mentionnée au procès». Ou l'existence d'un autre suspect, l'ancien mari de Vida Robare, dont elle avait obtenu le divorce «pour “extrême cruauté”»

 

Le figaro

 

La vidéo de la Semaine