Dimanche, 5 decembre 2021 16:05:37

Le vendredi 29 octobre, dans l’après-midi, le véhicule du juge d’instruction, Garry Orélien, en charge du dossier de l’assassinat du Président Jovenel Moïse, a été la cible d’un tir à Delmas 33. Le magistrat et le greffier, Cadet Elysée, qui se trouvaient dans le véhicule, n’ont pas été blessés.

Dans la nuit du 27 au 28 octobre 2021, le cabinet du juge d’instruction, Garry Orélien, en charge du dossier de l’assassinat du Président Jovenel Moïse, le greffe de son cabinet et le bureau du greffier en Chef du Tribunal de Première Instance (TPI) de Port-au-Prince ont été cambriolés par des individus non encore identifiés qui sont entrés par effraction dans les locaux.

De son côté, Me Bernard Sainvil, le Doyen du TPI, affirme que, selon un premier inventaire rapide, il semble qu’aucun dossier sensible n’ait disparu. Toutefois, seul un inventaire détaillé de tous les documents de cette affaire pourra confirmer l’absence ou non de pièces au dossier.

Notons que la sécurité avait été renforcée après le cambriolage, dans la nuit du 19 au 20 octobre 2021, du cabinet du juge d’instruction en charge du dossier de l’assassinat de Me Monferrier Dorval, au cours duquel les voleurs avaient emporté plusieurs documents importants de l’enquête. La Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) a dit ouvrir une enquête.

En plus, l’ex-commissaire du Gouvernement, Jacques Lafontant, qui avait démissionné de la tête du Parquet en juillet 2020, est le nouveau Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince. Il remplace à ce poste Frantz Louis Juste, en fonction à ce poste depuis le 14 septembre 2021, qui a été transféré au Parquet de Mirebalais.

Par ailleurs, dans le cadre du nouveau bras de fer entre le chef de la fédération de gang G-9 et ses acolytes qui sont accusés de tentative d’assassinat, association de malfaiteurs et attentat à la vie des membres du gouvernement, en lien avec les actes du 17 octobre à Pont-Rouge, Frantz Louis Juste, l’ex-commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, a informé les responsables des réseaux sociaux: Facebook, YouTube, Instagram et Twitter, que des poursuites judiciaires et pénales sont engagées en Haïti contre les individus «Busta John, Jimmy Chérizier, alias «Barbecue», et Dorisca Robert, sous mandat d’amener pour association de malfaiteurs, attentat à la vie de membres du Gouvernement, tentative d’assassinat, crime de terrorisme et financement de terrorisme.» Compte tenu de la dangerosité des personnes recherchées, «le Commissaire du Gouvernement vous demande de bloquer, jusqu’à nouvel ordre, les comptes de ces individus, comptes qu’ils utilisent pour terroriser la population haïtienne. De plus, il vous demande de «supprimer toutes les publications directes (live) ou en différées de ces caïds». L’ex-policier, Jimmy Chérizier, alias «Barbecue», devenu chef de gang et leader de la coalition de gangs «G-9, fanmi et alliés», activement recherché mais circulant en toute impunité, en treillis et entouré de nombreux hommes armés très motivés, dans une vidéo devenue virale sur internet, avait déclaré que la coalition du G-9 est maintenant «une force révolutionnaire». «Barbecue» appelle tous ses partisans à prendre les armes et à se tenir prêts pour la révolution. «Revolisyon an kòmanse, prepare zam nou». Se prenant pour le chef de la révolution, il revendique et justifie les pillages qu’il encourage, affirmant: «le peuple a faim. Les gens n’en peuvent plus. Ils ont pris ce qui leur revient de droit. La force révolutionnaire G-9 invite la population à prendre ce qui lui revient de droit. Notre argent se trouve dans les banques, les supermarchés et chez les concessionnaires. Il ne faut pas négliger de le récupérer». Gouvernement, opposition, secteur privé, nul ne sera épargné, affirme «Barbecue», avertissant: «le temps est révolu. Nous allons utiliser nos armes contre tous ces secteurs.»

 

 

Les kidnappés sont en vie

Le jeudi 28 octobre, une source policière a confié à l’AFP que la Police Nationale d’Haïti (PNH) a reçu la preuve que les 16 Américains et le Canadien enlevés le 16 octobre dernier par le gang «400 mawozo» sont en vie, sans préciser toutefois, la nature de ces preuves. Elle a déclaré: «les négociations sont en cours pour la libération des otages», précisant: «c’est la cellule contre-enlèvement de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DVCPJ) qui est en discussion avec les kidnappeurs». Il ajoute: «plusieurs agents du FBI collaborent sur ce dossier.» Le samedi 16 octobre écoulé, des hommes lourdement armés du gang «400 mawozo» avaient détourné, sur la route de Ganthier, un bus qui se rendait à l’aéroport International Toussaint Louverture, prenant en otage 17 missionnaires américains d’une organisation religieuse chrétienne, située dans l’Ohio, ainsi que les membres de leur famille dont des enfants. Il s’agissait, pour certains de ces missionnaires, de leur premier voyage en Haïti. Les missionnaires revenaient d’une visite d’un orphelinat et allaient déposer plusieurs de leurs membres à l’aéroport, avant de poursuivre leur tournée.

Réagissant à cet enlèvement, un porte-parole du Gouvernement américain avait confié à l’Agence France Presse: «le bien-être et la sécurité des citoyens américains à l’étranger sont une de nos plus grandes priorités au département d’État. Nous sommes au courant de ces informations et n’avons rien à ajouter pour le moment».

Le chef du gang haïtien qui a enlevé 17 citoyens nord-américains, à l’est de la capitale, Port-au-Prince, avait menacé d’exécuter les otages, dans une vidéo tournée sur les réseaux sociaux. «Si je n’obtiens pas ce dont j’ai besoin, je tuerai ces Américains». Une demande de rançon de 17 millions de dollars américains avait été faite par les ravisseurs.

 

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