Dimanche, 5 decembre 2021 15:42:11

Après avoir dupé le système judiciaire et le Service de police de la Ville de Québec en prenant la poudre d’escampette au lieu de purger une peine de prison de 8 ans pour agressions sexuelles sur une mineure, Paul Mukendi s’est aussi faufilé entre les mailles du fisc, n'ayant jamais payé ses dettes, malgré sa faillite.

C’est ce qu’a confirmé au Journal le syndic responsable de la faillite du révérend Paul Mukendi, LeBlond & Associés inc. 

Celui qui se proclame «l’apôtre de Québec» et qui demeure introuvable devait plus de 432 597$ à Revenu Québec et à l’Agence du revenu du Canada lors de sa faillite. De ce montant, sa dette fiscale québécoise s’élevait à plus de 212 000$. Un montant qui demeure impayé, a-t-on appris. 

Toujours en faillite

Le pasteur du Centre évangélique Parole de Vie a déclaré faillite le 22 mai 2018, alors que ses créanciers lui réclamaient plus de 800 000$. 

Selon le jugement de la Cour supérieure, le syndic n’a pu redonner que 2000$ aux créanciers, grâce à la vente d’objets saisis dans sa résidence, dont plusieurs montres.  

De plus, en juin dernier, le pasteur n’a pas payé sa demande de libération de faillite, laquelle s'élevait à 5000$, lors de sa comparution devant la registraire des faillites.  

«C’est comme s’il n’avait jamais fait faillite», illustre le syndic au dossier, Stéphane Leblond, ajoutant du même souffle que de tels cas sont très «marginaux».   

«Comme il n’a pas payé et qu’il est disparu, on va fermer notre dossier. Et on va aviser tous les créanciers que le failli n’est pas libéré, et ils pourront à ce moment-là prendre les procédures qu’ils désirent ou qu’ils estiment appropriées pour récupérer leurs créances», explique M. Leblond. 

Saisis

Toutefois, s’il se manifeste au pays et que ses principaux créanciers, soit Revenu Québec et l’Agence du revenu du Canada, le retrouvent, le pasteur pourrait voir ses biens et son revenu être saisis, tant qu’il ne paie pas sa libération, soutient M. Leblond. 

En 2018, la résidence du pasteur, située sur la rue Lacomblé, à Beauport, avait notamment été saisie par Revenu Québec. 

Mandat d’arrestation

Un mandat d’arrestation est toujours en vigueur contre le pasteur Mukendi, qui nargue les autorités en multipliant les apparitions en direct sur Facebook, depuis sa disparition. Mukendi devait se livrer aux autorités avant le 20 août dernier, avant 15 h, pour être amené en prison. 

Lors d’un appel du Journal à sa nouvelle résidence de Cap-Rouge à la fin septembre, une dame a affirmé qu’il se trouvait au Congo. 

Il n’y a toutefois aucun traité d’extradition entre le Canada et le Congo. Selon des avocats spécialisés en la matière, il pourrait ainsi être «très laborieux» de le ramener au pays afin qu’il soit incarcéré. 

Avare de commentaires, le Service de police de la Ville de Québec indique que l’enquête «est toujours en cours» pour tenter de le retrouver. 

 

Journal de Montréal

 

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