Mercredi, 20 octobre 2021 08:40:13

La polémique enfle au Canada après la destruction de 5 000 livres, jugés offensants pour les populations autochtones. Parmi les ouvrages détruits, des bandes dessinées de Tintin, Astérix, ou Lucky Luke.

C'est un peu l'histoire d'une polémique dans la polémique. Le média Radio Canada révèle que le Conseil scolaire catholique Providence, un regroupement scolaire qui réunit 30 écoles francophones dans tout le Sud-Ouest de l’Ontario a décidé de retirer de nombreux ouvrages de ses bibliothèque. Au total, ce sont 5 000 livres ont été brûlés ou détruits. Ces ouvrages étaient jugés offensants pour les populations autochtones.

Le média canadien rapporte ainsi "qu'une cérémonie de purification par la flamme s’est tenue en 2019 afin de brûler une trentaine de livres bannis, dans un but éducatif. Les cendres ont servi comme engrais pour planter un arbre et ainsi tourner du négatif en positif".

Dans une vidéo de la cérémonie destinée aux élèves, les organisateurs expliquent : "Nous enterrons les cendres de racisme, de discrimination et de stéréotypes dans l’espoir que nous grandirons dans un pays inclusif où tous pourront vivre en prospérité et en sécurité".

D'autres cérémonies similaires devaient avoir lieu au Canada, mais ont été reportées à cause de la pandémie.

Parmi les livres concernés, on retrouve des encyclopédies, des romans et des bandes dessinées, dont plusieurs numéros d'Astérix, Lucky Luke, ou Tintin (notamment Tintin en Amérique, et Tintin et le temple du Soleil). Les auteurs des livres, eux, affirment n'avoir jamais été prévenus de cette démarche et dénoncent une censure.

Les hommes politiques canadiens se sont vite emparés du sujet. Le premier ministre François Legault a affirmé qu’il était "inacceptable d’en venir à brûler des livres, quel que soit leur contenu. Pour moi, brûler des livres, c’est un acte atroce".

Mais la polémique ne s'arrête pas là. Suzy Kies, présentée comme une "gardienne du savoir autochtone" et auteure de la vidéo destinée aux élèves, se retrouve au coeur d'un scandale. Radio Canada a en effet révélé que "Mme Kies ne possédait pas le statut d’Indien en vertu de la loi, qu’elle ne figurait pas dans les registres des conseils de bande abénakis et que sa seule ascendance autochtone trouvée datait du XVIIe siècle". Si elle affirme toujours avoir des origines autochtones, Suzy Kies vient de démissionner de son poste de coprésidente de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral du Canada.

 

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