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Quinze ans après avoir déposé une plainte pour agression sexuelle contre Paul Mukendi, une plaignante craint de ne jamais pouvoir témoigner contre son agresseur, estimant que le pasteur en cavale a réussi à quitter le Canada.

Déjà reconnu coupable d’agressions physiques et sexuelles sur une mineure, ce qui lui a valu huit ans de prison, le pasteur déchu du Centre évangélique Parole de vie était aussi en attente d’un deuxième procès. L’agression sexuelle reprochée aurait eu lieu en 2006 contre une plaignante qui avait dénoncé l’homme d’origine congolaise peu de temps après. 

Tout en respectant l’ordonnance de non-publication sur son identité et en évitant de parler des faits de la cause, la dame aujourd’hui dans la cinquantaine a accepté de se confier au Journal. Celle qui avait « tellement hâte de témoigner » pour enfin raconter son histoire datant de 15 ans lors du procès qui devait avoir lieu en décembre risque fort de devoir attendre.

À l’étranger

Surtout qu’elle est convaincue que le fugitif a quitté le Canada. « Le passeport, ça, ce n’est rien pour Paul, il n’est même pas Canadien », fait-elle valoir. 

« Je ne pense pas qu’il est au Québec, Paul est en dehors du Canada », croit-elle, ajoutant avoir des éléments en faveur de cette hypothèse qu’elle a donnée aux autorités. Selon elle, Mukendi « a montré que la justice canadienne et surtout la sécurité est faible ». 

« Comment peut-on demander à quelqu’un de se rendre ? C’est n’importe quoi, c’est sûr qu’il va se sauver. Il est effrayé, il a peur de la prison », estime la dame, qui a vu son stress grimper depuis vendredi. 

« Je n’ai pas seulement peur de Paul, j’ai peur des gens de son église, de tous ceux qui le connaissent », craint-elle. Et ses craintes semblent fondées. 

Dans une vidéo diffusée mardi et vue par plus de 16 000 personnes, une youtoubeuse qui semble être basée en Afrique du Sud parle de l’affaire Mukendi en mentionnant d’entrée de jeu le nom de la plaignante.

Quinze ans de stress

Après avoir déposé sa plainte pour voie de fait et agression sexuelle contre Paul Mukendi, la plaignante a attendu 10 ans avant que le dossier soit ouvert. « La police ne pouvait rien faire pour moi, a-t-elle raconté, c’est 10 ans de vie de souffrance ».

Il aura fallu le dépôt d’une deuxième plainte en 2016, celle de la victime mineure qui a été agressée dès l’âge de 14 ans, pour que les enquêteurs s’intéressent à son dossier. « L’histoire de Paul, je l’avais enfouie en moi, étouffée. » 

Si l’espoir de justice est revenu à ce moment, cela fait tout de même cinq ans qu’elle attend de témoigner. La cavale de Mukendi est certainement un coup dur, mais la dame très croyante garde espoir. « Tant que je suis vivante, je ne perds pas espoir ».

Journal de Québec