Mercredi, 12 aout 2020 17:47:33

Des extrémistes musulmans ont tué plus de 30 personnes, dont un pasteur anglican, dans des attaques de nuit contre des villages dans l'est de la République démocratique du Congo.

Mardi, quatre villages ont été perquisitionnés par les Forces démocratiques alliées, un groupe islamiste, dans l'ouest du territoire de Beni, rapporte Reuters. Le groupe rebelle a ses origines en Ouganda, et actuellement il est basé dans la région de Beni en RD Congo.

Le gouverneur de Beni, Donat Kibwana, a déclaré à l'AFP que des membres du groupe terroriste avaient tué toutes les victimes à coups de machette. Au total, 36 personnes ont été tuées, dont un pasteur anglican.

L'attaque principale a eu lieu à Manzingi, un village au nord-ouest d'Oicha, tandis que le pasteur a été tué dans le village d'Eringeti.

"La victime a eu le malheur de se retrouver avec sa femme sur la meme route que ses rebelles", a déclaré Omar Kavota du groupe de défense des droits CEPADHO dans un communiqué, selon Reuters.

Lancé au milieu des années 90 par des rebelles musulmans ougandais chassés de l'Ouganda, les ADF sont devenus le groupe rebelle le plus actif et le plus violent de la RDC au cours des deux dernières années. Dirigé par Musa Baluku, le groupe est connu pour avoir commis des crimes tels que le meurtre, le viol et l'enlèvement de femmes et d'enfants, ainsi que l'esclavage et l'endoctrinement.

La région de Beni a connu une vague de violence depuis le 30 octobre, lorsque les troupes congolaises ont lancé une offensive contre les rebelles. Au total, 265 personnes ont été tuées par les ADF depuis novembre, selon le Kivu Security Tracker, une initiative de recherche qui cartographie les troubles dans l'est du Congo. Le groupe de surveillance de la persécution, Open Doors USA, note que l'opération visant à expulser les ADF de la région a coûté très cher à la population principalement chrétienne. En novembre 2019, les attaques menées par les ADF ont tué au moins 84 personnes, dont des hommes, des femmes et des enfants. Plus de la moitié des victimes étaient des chrétiens. En mars, six chrétiens, dont un enfant de 9 ans, auraient été tués lorsque les forces rebelles ont attaqué le village en grande partie chrétien de Kalau, près de la ville de Beni. De plus, 500 familles ont été forcées de fuir leurs maisons. 

En août 2016, ADF a été blâmé pour avoir perpétré ce qu'on appelle le «massacre de Beni», où au moins 64 personnes ont été piratées à mort. Le pasteur Gilbert Kambale, président de l'organisation de la société civile de la ville de Beni, a exhorté la communauté internationale à prier Dieu pour la délivrance de Beni et de la RDC. "Même si la nuit est longue, le jour va sûrement se lever", a déclaré Gilbert à Open Doors. En décembre, l'administration Trump a imposé des sanctions au chef des ADF et à cinq autres personnes pour avoir commis de graves atteintes aux droits humains, notamment des viols massifs, des tortures et des meurtres, a rapporté l'agence Reuters. Selon le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du Trésor, Baluku a aidé le groupe «par le recrutement, la logistique, l'administration, le financement, le renseignement et la coordination des opérations». Les ADF «continuent de perpétuer une violence généralisée et d'innombrables violations des droits de l'homme, notamment l'enlèvement, le recrutement et l'utilisation d'enfants lors d'attaques et d'autres opérations violentes».

Info Média Christ / Christian Post