Mardi, 28 septembre 2021 10:36:21

Les menaces de mort pèsent sur le Directeur Général de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). En effet, des appels téléphoniques et autres actes d’intimidation et de menaces de mort visant le Pasteur Dr Cosma Wilungula sont publiés sur la toile pour son engagement à faire respecter la loi relative à la conservation de la nature et conventions internationales. Des sources crédibles, il ressort  que l’ancien Ministre de l’Environnement et Développement durable serait cité parce qu’il se sentirait visé depuis le point de presse que le DG de l’ICCN a  tenu, le 22 juillet 2021, au Jardin Botanique de Kinshasa.

Ces menaces font suite à la dénonciation des allégations de libéralisation du  commerce illicite et illégal des espèces protégées et son appel à la suspension et l’annulation de l’arrêté interministériel funeste notamment, l’Arrêté interministériel n°…CAB/MIN/PF/2020 et n°…CAB/MIN/FINANCES/2020/065 portant fixation des taux des droits, taxes et redevances en matière d’installation classée de la catégorie I.a à percevoir à l’initiative du Ministère de l’Environnement et Développement Durable, en matière de gestion forestière du 24 juillet 2020 publié au journal officiel.
En fait, le 22 Juillet 2020, le Pasteur Dr Cosma s’était alors exprimé pour dénoncer cet arrêté qui consacre le braconnage en RDC. La dénonciation vaut la peine étant donné que l’arrêté bannit tous les efforts consentis pour la restauration et la crédibilité de la RDC en ce que ce pays apporte des solutions au changement climatique et à la problématique de la survie de l’humanité. Dr Cosma avait appelé au respect des lois et conventions internationales.

De ce qui précède, les Organisations du secteur de l’Environnement dénoncent fermement ces menaces et actes d’intimidation à l’endroit du Pasteur Dr Cosma, et appellent les autorités congolaises à diligenter une enquête prompte, exhaustive, impartiale et transparente concernant ces faits qui seraient attribués à l’ancien ministre de l’Environnement, apprend-on des sources certaines. L’Organisation SEC & PLUIES, généralement bien informée, précise que le précité serait même en train de projeter des réunions pour mobiliser les députés nationaux de l’Union sacrée en vue d’obtenir l’interpellation du Pasteur Cosma à l’Assemblée nationale.

Arrêté interministériel criminel

«Ces menaces sont totalement indignes, souligne SEC & PLUIES, et incroyablement réelles». La RDC est un pays de méga biodiversité du monde et fournit des efforts énormes pour la restauration de la biodiversité, poursuit l’Organisation. Tous ses efforts, en effet, sont foulés aux pieds par cet arrêté dit du crime. Ce ‘‘monstrueux’’ arrêté a détruit toute la survie de la faune et flore de la RDC. Pour bien comprendre, rappelle-t-elle, les co-signataires de l’Arrêté  libéralisent le braconnage. Elle poursuit en disant clairement la pensée de ces initiateurs de l’Arrêté que personne ne peut plus être inquiétée ni poursuivie en justice pour avoir tué un Okapi ou toute espèce protégée. En clair, les pointes d’ivoire sont admis à être vendus à la cité, il n’y a plus de trafic illicite moins encore illégal. De là, à conclure que l’Iccn n’a pas de raison d’exister. Cet établissement public, selon les signataires de l’Arrêté interministériel controversé, doit disparaître.

En lisant l’Arrêté, nous dit SEC & PLUIES, il est autorisé, par exemple, d’abattre un éléphant pour 2.000 USD. On peut capturer un éléphant de forêt à 1475 USD ; capturer un gorille à 1145 USD, les ivoires peuvent être exportés jour et nuit selon les signataires de l’arrêté incriminé, cités par l’Organisation de défense de l’Environnement. Dans leur esprit machiavélique, ils ont inscrit au journal officiel les prix des espèces qui n’existent même pas en RDC.

Que dit la loi ?

La loi n°14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature stipule à son article 14, qu’il est interdit de :’’prélever, pécher, capturer, harceler ou tuer délibérément des spécimens des espèces protégées.  Aussi ‘’perturber intentionnellement ces espèces, notamment durant la période de reproduction, de dépendance, d’hibernation ou de migration’’ ; de détruire, endommager, enlever, ramasser les œufs des espèces ou en modifier la position ; détériorer ou détruire les sites de reproduction, les aires de repos ou tout habitat naturel où vivent ces espèces à l’un des stades de leur cycle biologique. De détenir, transporter, échanger, vendre ou acheter, offrir ou céder à titre gratuit les spécimens ou toute partie de ces espèces prélevés dans la nature ; détenir, céder, vendre, acheter ou transporter tout produit dont l’emballage ou la publicité annonce contenir des spécimens appartenant à l’une des espèces protégées et, enfin, exposer dans les lieux publics ces spécimens.

Cet arrêté est en porte à faux avec tous les engagements que le Président de la République a pris au niveau international et les conventions ratifiées par l’Assemblée nationale. Parce qu’il défend la loi, des menaces de mort sont proférées contre le Dg de l’Iccn.

Et pourtant, si cet arrêté n’était pas dénoncé, le Pasteur Cosma n’aurait pas échappé à la complicité coupable et condamnable. Une lecture attentive et intelligente de l’arrêté révèle, à suffisance, que comme cela a été délibérément fait, comme le témoigne la publication au journal officiel, le niveau et l’esprit de la criminalité environnementale animent leurs auteurs. Et la communauté internationale, bailleur de fonds à 90% de la conservation de la nature en RDC, ne manquera pas de se saisir de ce dossier dont l’un des auteurs se déclare intouchable, car membre du groupe des députés de l’Union sacrée et proche du Chef de l’Etat.

TP/CP