Plus d'une semaine après l'attaque spectaculaire et meurtrière de la ville de Palma, dans la province du Cabo Delgado, par un groupe local affilié à l'organisation État islamique, le président Filipe Nyusi a pris la parole vendredi 2 avril à l'occasion de la commémoration du Vendredi Saint. Il s'en remet à Dieu tandis que des rescapés en état de choc continuent d'affluer dans les villes encore sous contrôle gouvernemental.

 

Après avoir dans un premier temps minimisé l'ampleur de l'attaque contre Palma, le président mozambicain a adressé ce vendredi 2 avril ses prières aux victimes : « Que les prières et méditations ramènent la paix aux Mozambicains. Que cela permette aux populations victimes aujourd'hui du terrorisme d'en finir avec la douleur et la souffrance. »

Lors de l'attaque de Palma, en plus des 75 000 habitants de la cité portuaire, il y avait de très nombreux déplacés, eux mêmes déjà victimes d'assauts menés contre leurs villages. En une semaine, ce sont plus de 8000 personnes qui sont arrivés dans les districts environnants

« Les gens qui arrivent sont traumatisés, en état de choc ! Ils ont dû quitter leur maison et ont été témoins d'une violence extrême. Ils ont vu des êtres se faire tuer de la façon la plus violente qui soit. C'est impossible d'aller bien. Il est important que la communauté internationale aille au-delà de parler du sujet, il faut qu'elle puisse aider », implore Margarida Loureiro est la cheffe du bureau du HCR pour le Cabo Delgado. La crise sécuritaire au Cabo Delgado a fait au moins 2000 morts selon les chiffres disponibles et près de 700 000 déplacés.

 

 

Le Mozambique refuse une intervention sud-africaine

Le président en exercice de la Sadec déplore une grave crise humanitaire. L'Union africaine appelle à une réaction régionale et internationale urgente.

Le groupe français Total a évacué tout le personnel de son site gazier dans le nord-est du Mozambique, neuf jours après l'attaque jihadiste dans la ville voisine de Palma, et le projet de plusieurs milliards d'euros était vendredi à l'arrêt complet.

États-Unis et Portugal participent à la formation de forces spéciales mozambicaines. Le président sud-africain Cyril Ramaposa a proposé une intervention directe à Palma, refusée par Maputo. 

Le groupe terroriste en question est une entité locale se faisant appeler Al -Chabab (sans lien avec le groupe somalien). Il est actif depuis 2017 au Cabo Delgado et affilié à l'État islamique depuis 2019.

 

RFI