Mardi, 12 novembre 2019 21:03:45

La police nigériane a libéré 15 personnes enchaînées dans un lieu de prière de Lagos lors d’un des raids menés contre des “maisons de correction” religieuses à travers tout le pays.

Les agents de police “ont pris d’assaut une maison de prière utilisée comme prison” mercredi soir, où des victimes âgées de 19 à 50 ans, hommes et femmes, ont été retrouvées enchaînées aux jambes, a expliqué la police dans un communiqué publié jeudi soir. 

Le pasteur de “l‘église de la bénédiction de la bonté” Sunday Joseph Ojo et 10 autres personnes ont été arrêtés, a précisé Bala Elkana, porte-parole de la police de l‘État de Lagos. 

 Les victimes “avaient été amenées par leurs familles pour chercher de l’aide spirituelle dans le traitement de maladies mentales et d’autres maladies”, a déclaré M. Elkana. 

M. Ojo qui se déclare “prophète”  s’est justifié “en expliquant qu’il pouvait les guérir et qu’il les avait enchaînées pour empêcher toute évasion”, peut-on lire dans le communiqué. Certaines des victimes ont passé plus de cinq ans dans ce camp de détention, selon la police. 

Ce raid est le premier mené sur une “église” après la libération de centaines de personnes dans divers centres de correction islamiques dans le nord musulman, où les détenus étaient amenés par le famille pour des problèmes d’alcool, de drogue, de petite déliquance ou de maladies mentales.

Fin octobre, la police a également libéré 108 détenus “non nourris et malades” d’un centre islamique de l‘État de Kwara, dans le centre du Nigéria, et cette semaine un nouveau centre a été découvert dans la ville de Kano (nord). 

Les institutions religieuses qui proposent de “soigner” les victimes de maladies mentales et d’addictions sont l’une des rares alternatives dans ce pays très croyant, en l’absence de centres psychiatriques ou de soins spécialisés. 

AFP